La vérité, sur les raisons pour lesquelles le CIRCI a pris la décision de ne pas rencontrer les experts et de solliciter une évaluation sur dossier, apparaît dans le courrier adressé à ces derniers en mars 2008.
Nous le reproduisons dans son intégralité à l’exception des 11 pièces jointes en annexe dudit courrier que nous tenons à la disposition de ceux qui trouveraient un intérêt à les consulter.
Nous complétons ce chapeau de deux extraits du rapport concernant le DIMPS où il est fait mention je cite « … il a été ensuite procédé à une audition des responsables de l’université (Président et VP du CS) pendant 20 minutes… » et plus édifiant dans les conclusions « Laboratoire dynamique et très soutenu par l’établissement : postes, financements, soutien aux projets, BQR ». Le président n’a pas cessé de répéter qu’il a toujours soutenu tout le monde sans discrimination. Je vous invite à lire le rapport du CIRCI pour vous en faire une idée (les deux rapports se trouvent sur le blog « sauvons les Sciences de l’Education » de zinfos974.com)
Saint-Denis, le 09 mars 2009
Professeur Michel LATCHOUMANIN
Directeur du CIRCI
Centre Interdisciplinaire de Recherche
sur la Construction Identitaire. Equipe d’accueil 3561
A Madame Sharon PEPERKAMP
Déléguée Scientifique à l’AERES
OBJET: Evaluation du CIRCI par l’AERES
Madame la Déléguée et chère collègue,
Les traitements discriminatoires et disqualificatoires dont fait l’objet le CIRCI depuis plus de deux années, se sont significativement aggravés depuis l’élection de l’actuelle équipe présidentielle.
Avant d’exposer quelques arguments à l’origine de cette affirmation, nous appelons votre attention sur la situation insupportable que nous subissons et qui nous donne à penser que la survie de notre unité de recherche ne dépend plus que des prochaines décisions unilatérales de notre Président.
En d’autres termes, avec tout le respect que nous portons à votre personne et à votre mission, et en vous indiquant l’importance que nous accordons aux pratiques évaluatives (l’évaluation ne peut pas être ignorée ou méprisée en Sciences de l’Education), il nous semble qu’une rencontre avec vous en complément du dossier (bilan et projet) qui vous a été remis en temps et en heure, n’a pas de justification profonde tant il est clair que nous avons déjà fait l’objet d’une investigation, secrète et non contradictoire, et d’un verdict sévère par les soins du Président de notre université (cf. annexes 1,2,3,4).
Comment penser que vous rencontrer nous apporterait explication aux mauvais traitements dont nous sommes les victimes ? Comment penser que vous rencontrer aurait une influence sur la volonté affichée de réduire, voire d’éliminer le CIRCI ? C’est, jusqu’à preuve du contraire, ce sentiment partagé qui anime actuellement les membres permanents de notre unité de recherche dont certains pensent d’ailleurs qu’il sera plus utile de rencontrer un représentant de la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et l’Exclusion).
Il va sans dire que nous ne pouvons imputer exclusivement au Président M. ROCHDI, les dommages suivants subis alors qu’il n’était que 1er Vice-président :
- Le CIRCI est abrité depuis sa création dans un local technique exigu et hors normes de sécurité : les accords conclus qui promettaient il y a dix-huit mois (rentrée 2007) une installation décente, sûre et adaptée, n’ont pas été respectés.
- Il y a deux ans, un recrutement de MCF de 7ème section, destiné à renforcer temporairement et à pérenniser les compétences en FLE/FLS dont les deux représentants [Alain Coïaniz (PR) et Paule Fioux (MCF-HDR)] sont membres du CIRCI, a été détourné au profit d’un autre laboratoire.
- L’année dernière, le seul poste de PR de 15ème section (Langues Orientales), occupé par un membre du CIRCI (Christian Barat), libéré suite au départ à la retraite de son titulaire, a été transféré à une autre section [(Langues et Cultures Régionales, i.e. Créole (73ème)] au bénéfice d’un laboratoire qui avait déjà obtenu l’année d’avant la création d’un poste de MCF de la même section, poste laissé non pourvu depuis deux ans.
- Aucune promotion interne n’est venue depuis de nombreuses années récompenser l’investissement dans de nombreuses fonctions et responsabilités, de certains de nos collègues (avancement, PDER …)
- … (Cf annexes 5,6,7,8,9,10)
Il n’en demeure pas moins que depuis l’élection de M. Mohamed Rochdi à la présidence de l’université, non seulement rien de ce qui précède n’a changé, mais, bien au contraire, la situation n’a fait qu’empirer si l’on s’en tient aux faits exposés infra qui résultent tous de sa seule décision sans aucune concertation ni information préalable :
- suppression d’un poste ATER de la 70ème section qui a toujours été occupé et qui accueille cette année un docteur de la 70ème section
- redéploiement d’un poste de MCF de la 70ème section qui est occupé depuis sa vacance l’année dernière par un docteur de la 70ème section
- rehaussement d’un support PRAG de l’IUFM en poste de PR de la 70ème section que nous n’avons jamais sollicité et dont le profil correspond à celui de trois collègues de notre laboratoire.
A l’incompréhension qui prévalait il y a encore quelques mois, fait place aujourd’hui la certitude d’un désaveu interne, si manifeste qu’il met en jeu l’existence et l’avenir de notre laboratoire, un des rares de l’établissement à avoir été renouvelé sans navette lors du dernier examen Bilan-Projet.
C’est la raison pour laquelle nous avons choisi de nous contenter de votre jugement sur la base des documents (bilan et projet) qui vous ont été communiqués en temps et en heure et de vous inviter à rencontrer M. le Président de l’université qui - mieux que nous - pourra vous aider à confirmer son expertise de notre activité et vous informer de l’avenir qu’il réserve à notre unité de recherche.
Nous persistons cependant à penser que :
- le CIRCI s’est installé – « dans son coin », au sein d’une petite université ultrapériphérique - en précurseur sur un thème « génial » (la construction identitaire) tout à la fois central et majeur, apte à des déclinaisons multiples tant en problématiques qu’en méthodes de travail.
- le CIRCI pratique réellement l’interdisciplinarité et presque autant par la diversité de ses membres que par la richesse de compétences de chacun d’eux, comme le montrent, par exemple, les deux derniers recrutements : Mme F. Callandre recrutée en 15ème section (Langues Orientales) et M. T. Malbert recruté en 70ème section (Sciences de l’Education) détenaient tous les deux également la qualification en Anthropologie ;
- Le CIRCI a une production de recherche consistante et variée, intense relativement au nombre des Professeurs et MCF-HDR du laboratoire. Résultats que nous devons bien évidemment à la disponibilité et à l’implication active de chercheurs résidents qui pour certains manifestent une véritable vocation proche du sacrifice en acceptant, comme c’est le cas pour nos deux ATER, de percevoir une rémunération mensuelle inférieure de plus de 1000 euros à celle de leur fonction d’origine.
Nous persistons à penser que nous respectons la promesse de notre intitulé : Centre de Recherche Interdisciplinaire sur la Construction Identitaire, et que nous sommes loin d’avoir démérité si l’on considère les quelques indicateurs que nous nous permettons de rappeler à votre attention :
- 15 à 20% des thèses soutenues en moyenne chaque année à l’université émanent du CIRCI
- 244 étudiants de master sont accueillis au sein de notre laboratoire cette année (cf annexe 11)
- 20 publications (articles et ouvrages) pour la seule année 2008
- Organisation de deux colloques internationaux en moyenne chaque année
- Une vingtaine de communications en moyenne dans des colloques nationaux et internationaux chaque année
- 20 doctorants inscrits à la présente année universitaire
- soutenance de 8 thèses et d’une HDR prévue en 2009
- reconnaissance internationale de notre expertise dans les champs de l’évaluation, des tests psychotechniques, de la prévention et de la lutte contre l’illettrisme, de la famille et de la parentalité, du bien être et de l’insertion de l’étudiant …
- …
Précisons que, hormis une réponse récente (annexe 2) que M. le Président a bien voulu apporter à un courrier de Madame Gisèle RIZZO (MCF 70ème section), Directrice du département de Sciences de l’Education, qui lui faisait part de son indignation eu égard à sa décision de priver le CIRCI d’un poste de MCF au profit de l’Anthropologie, et une, plus ancienne (annexe 10), adressée au Directeur du CIRCI, dans laquelle il s’engage à mettre des locaux décents à notre disposition, tous les courriers que nous avons adressés aux responsables universitaires depuis dix-huit mois sont restés à ce jour sans réponse. De même, en 2008, la démission du Directeur du CIRCI et son remplacement temporaire par un simple « chargé de pouvoir » n’ont provoqué aucune réaction particulière.
On ne peut qu’espérer qu’il soit plus disposé à vous apporter quelques explications, si, bien entendu, la question de son attitude à notre égard venait à être évoquée lors de votre probable rencontre avec lui et son équipe.
En vous priant encore une fois de ne pas être blessée par une décision qui ne cherche nullement à porter atteinte à votre personne et à votre fonction, nous vous prions de croire, Madame la Déléguée et chère collègue, à l’assurance de notre considération confraternelle.
Pr Michel LATCHOUMANIN
Liste des annexes
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N° d’ordre |
Date |
Objet |
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Pièce N°1 |
05/02/09 |
Le redéploiement du poste MCF (70ème section) |
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Pièce N°2 |
11/02/09 |
Réponse du Président à propos du redéploiement du poste MCF 70ème |
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Pièce N°3 |
10/02/09 |
Suppression de postes en 70ème section |
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Pièce N°4 |
11/02/09 |
Quel avenir pour le CIRCI ? |
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Pièce N°5 |
29/09/08 |
Bilan contrat |
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Pièce N°6 |
18/03/08 |
Démission du directeur du CIRCI |
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Pièce N°7 |
10/04/08 |
Courrier au Doyen de la FLSH |
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Pièce N°8 |
11/09/07 |
Courrier au Conseil de Faculté |
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Pièce N°9 |
04/02/09 |
Procès-verbal de la réunion du CIRCI |
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Pièce N°10 |
02/10/08 |
Réponse du Président à propos des locaux |
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Pièce N° 11 |
26/11/08 |
Inscrits administratifs par diplôme à l’Université |