Vendredi 20 novembre 2009 5 20 /11 /Nov /2009 13:16

Des experts extérieurs, visiblement peu informés de la réalité réunionnaise, s’apprêteraient, à demander au Ministère la disparition d’un laboratoire de l’université (le CIRCI) et des enseignements de licence et de master en Sciences de l’Education à la rentrée de septembre 2010.

 

Cette décision serait semble-t-il déjà prise localement par l’équipe dirigeante de l’université selon le Doyen de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines qui a notamment dissuadé les représentants de la filière de venir présenter les Sciences de l’Education au prochain salon de la formation supérieure prévu les  22-23-24 novembre 2009 à la halle des manifestations du Chaudron.

 

Jusqu’à ce jour, alors que la proposition est connue depuis plusieurs mois, personne n’a semble-t-il lever le petit doigt pour tenter d’inverser le cours des choses. Une telle  résignation est pour le moins incompréhensible. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de créer un collectif, conscients du danger que pouvait représenter une telle disparition, et, de solliciter la mobilisation des élus afin de contrecarrer un projet insensé et injustifié dans le contexte local et régional  caractérisé par une forte demande sociale de formation.

 

Imaginons un seul instant que la proposition des experts soit entérinée par le Ministère ; une telle décision signerait du même coup la disparition d’un laboratoire de recherche exclusivement orienté vers l’ éducation et la formation : le CIRCI (Centre interdisciplinaire de Recherche sur la Construction Identitaire) et de la seule filière pluridisciplinaire de la Région qui propose à l’heure actuelle un enseignement de psychologie, de sociologie, de formation des adultes et de lutte contre l’illettrisme en compensation du refus catégorique du Ministère d’accorder depuis toujours des habilitations dans ces disciplines à l’université de La Réunion.

 

L’enjeu est de taille. Il s’agit bel et bien de l’avenir des jeunes qui perçoivent la filière Sciences de l’Education comme une réponse appropriée à leurs besoins de qualification au service d’un projet d’insertion dans les milieux de l’Education et de la Formation en général.

 

De ce fait il nous appartient en toute objectivité de témoigner de l’utilité et de la nécessité de maintenir une activité de recherche et des enseignements de licence et de master dans cette discipline.

 

Il nous appartient de faire partager notre inquiétude devant la sombre perspective de voir La Réunion et les réunionnais priver de toute possibilité de professionnalisation et de certification dans une filière désignée pour apporter un minimum de connaissances et de compétences à tous les acteurs de l’éducation en général, de la formation des adultes, de la lutte contre l’illettrisme, du soutien scolaire et de l’accompagnement social à l’insertion dans un département qui compte encore 111 000 illettrés, 70 000 bénéficiaires du RMI et plus de 120 000 chômeurs.

 

La disparition de la filière Sciences de l’Education aura comme autre conséquence de priver le sud du département d’une offre de formation dont le succès n’a jamais été dementi depuis son installation sur le campus du Tampon en 2003.

 

Vous conviendrez aisément que l’éventualité d’une mort prochaine de la recherche et de la formation en Sciences de l’Education est impensable au regard des défis sociaux que La Réunion se doit de relever dans la période d’incertitudes à tous les niveaux que nous connaissons. Il nous appartient de faire en sorte qu’une telle catastrophe ne vienne pas rajouter aux problèmes de qualification et d’insertion que rencontre notre jeunesse. La filière des Sciences de l’Education, tant dans la formation que dans la recherche, est d’une nécessité indispensable dans notre région où sa mise à mort ne ferait qu’envenimer une situation préoccupante pour la professionnalisation des hommes et l’avenir de notre département.

 

 

collectif étudiants “Sauvons les Sciences de l’Education

 

Par colsciedu
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Vendredi 20 novembre 2009 5 20 /11 /Nov /2009 12:49
Bonjour,

L'ouverture de ce blog est une "réponse" à l'entreprise de démolition de la filière sciences de l'éducation de l'université de la Réunion.
Cet espace est le vôtre et nous vous invitons à le faire vivre à travers vos témoignages, vos idées, vos indignations et vos contributions, dans la limite de la correction, de la bienséance et de la cordialité !
Merci de prendre d'assaut ce vaste champ d'écriture, nous avons besoin de vous et nous comptons sur vous pour diffuser le plus largement autour de vous l'existence de cette plate forme d'échanges en transmettant ce lien à vos proches, amis, collègues et ennemis.

Bien à vous
Henri POTIN
Par colsciedu
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Vendredi 20 novembre 2009 5 20 /11 /Nov /2009 12:21

Ce n’est plus une rumeur. La licence et le master de Sciences de l’Education ainsi que le CIRCI, unité de recherche qui accueille la plupart des étudiants et des chercheurs de la discipline, seraient voués à disparaître dès la rentrée de septembre 2010. Le Président de l’université en aurait parlé lors d’une réunion de bureau de l’établissement, le Doyen de la Faculté des Lettres et des Sciences humaines l’aurait confirmé à l’équipe de direction de la  composante, le Directeur du SUFP en aurait fait état lors d’une réunion de  service, le directeur du département “ Sciences de l’Education” l’aurait appris de la bouche même du Président au cours d’un entretien le mardi 20 octobre dernier.

 

Pourquoi veut-on faire disparaître une filière et un laboratoire qui contribuent depuis 1992 à la professionnalisation des acteurs de l’enseignement, de la formation  d’adultes et de l’accompagnement social dans un  département où le secteur de l’éducation est récent et en expansion, capital pour la jeunesse locale et où les problèmes d’insertion sont légions : ne recence-t-on pas encore au moins 111 000 illettrés, près de 100 000 chômeurs et 70 000 bénéficiaires du RMI?

 

L’étonnement est tel que la question mérite d’être posée aussi bien à l’interne, où le mutisme du président surprend en dépit de nos sollicitations, qu’à l’externe où les usagers et les élus devront se prononcer sur une telle éventualité. Il faut notamment savoir que les enseignements de Sciences de l’Education participent depuis 2003 au désenclavement du Sud puisqu’ils sont dispensés également au campus universitaire du Tampon.

 

La situation est d’autant plus incompréhensible que ceux qui nous gouvernent et dont la misssion est, entre autres, de défendre les intérêts de notre établissement semblent déjà acquis à cette idée avant même que le ministère n’ait rendu sa décision et sans avoir entrepris une quelconque démarche pour dénoncer l’absurdité d’une telle entreprise. Cette absence de réaction est non seulement suspecte mais révèle assurément une position pour le moins opposée à la logique de mobilisation qu’il conviendrait d’adopter en pareille circonstance pour sauvegarder une filière dont l’activité et les résultats révèlent la pertinence, la nécessité et le maintien dans l’offre de formation supérieure à la Réunion et dans la zone océan Indien (les mêmes questions majeures se posent dans les états insulaires voisins et à Mayotte) .

 

Et si cette annonce ne venait que confirmer certains signes qui montrent depuis deux ans une volonté de “casse” des Sciences de l’éducation orchestré par le Président en personne? L’accusation est trop grave pour que nous fassions l’économie de l’étayer de la manière la plus objective qui soit.

Voyons les faits et rien que les faits.

 

Depuis 2001: le Centre Interdisciplinaire de Recherche sur la Construction Identitaire : CIRCI (10 chercheurs à temps plein, 25 doctorants et plus de 200 étudiants de master) est abrité dans un local technique hors normes de sécurité de 40 m2. Cela est devenu insupportable! D’autant plus que depuis trois ans nos réclamations sont restées lettre morte et que depuis un an des locaux vacants proches et adaptés que nous sollicitons nous sont toujours refusés par le Président et restent inutilisés.

Juin 2008: A l’occasion d’un départ à la retraite, un poste de professeur du CIRCI est retiré à l’unité de recherche sur décision  arbitraire et sans concertation du président

Juin 2008: deux postes d’enseignants sont enlevés à la filière Sciences de l’Education sur décision arbitraire et sans concertation du Président

Depuis 2008: alerté de l’implantation sans concertation d’une filière de Sciences de l’Education de l’université d’Aix en Provence à La Réunion, le Président reste muet. Cette installation “clandestine” est d’autant plus grave que les étudiants détournés de notre filière s’acquittent de droits de formation d’un coût deux à trois fois plus élevé que celui proposé en formation continue par notre université. Qui défend l’intérêt de La Réunion et des réunionnais dans cette affaire?

Juin 2009: création d’un poste de professeur en Sciences de l’éducation de manière arbitraire et sans aucune concertation avec la filière, ce qui aurait permis d’éviter de définir un profil correspondant à celui de deux professeurs et d’un MCF HDR déjà en poste à l’université. Ce poste n’a pas volontairement été  pourvu et sera republié cette année pour permettre le recrutement d’une personne déjà connue, actuellement en poste à l’université de Nantes. Il s’agit en l’occurrence de Frédéric TUPIN, que le président veut par tous les moyens imposer à la filière avant même la publication officielle du poste et les procédures régulières d’appel à candidatures et de recrutement. C’est ce qu’on appelle la transparence et la nouvelle gouvernance?

Septembre 2009: mise en place par le président de manière arbitraire et sans concertation d’un comité de sélection de Sciences de l’Education composée de huit professeurs des universités dont cinq de la discipline issus d’universités de métropole et trois locaux d’une autre discipline, alors que notre filière compte localement trois professeurs des univesités en Sciences de l’Education qui n’ont jamais été sollicités. Cette composition déroge aux règles que notre établisement a adoptées.

 

La liste est encore longue des manoeuvres, des attaques ou de l’indifférence dont fait l’objet une filière qui a sans doute le tort de mobiliser ses énergies à accompagner le projet de vie de centaines de Réunionnais en dépit des conditions défavorables dans lesquelles elle accomplit ses missions d’enseignement, d’encadrement de la recherche et de recherche. A ce jour, nous représentons toujours la filière qui accueille le plus grand nombre d’étudiants de master, plus de 200 et l’effectif de notre licence (88 en formation initiale et 32 en formation continue), quoique en baisse, à l’instar de la plupart de celles de l’université, se situe au-dessus de la moyenne observée dans les Licence 3 de l’établissement et également au dessus de la norme de viabilité estimée par le ministère de tutelle à 50 étudiants.

 

Comment expliquer un tel acharnement vis-à-vis des Sciences de l’Education?

 

Il est un constat aujourd’hui que les espoirs qu’a fait naître chez certains Mohamed ROCHDI, après l’épisode SVIZZERO, fondent comme neige au soleil. Ses projets de nouvelle gouvernance, de démocratie participative, de transparence, de concertation permanente, de respect des règles et des équilibres, de plus grande autonomie des composantes, etc. qui ont fait rêver une partie de la communauté sont aujourd’hui derrrière nous. La griserie du pouvoir est passée par là. L’autoritarisme interne qui caractérise le fonctionnement du président semble paradoxalement annihilé par l’excès de soumission affichée vis-à-vis de l’extérieur. Sa précipitation à restituer de manière arbitraire, sans concertation et en dépit de l’avis opposé de la communauté,  5 postes au ministère l’année dernière le montre. Et cela dans un contexte qui révèle des besoins attestés par une facture annuelle de plus de 30 000 heures complémentaires.

 

La facilité avec laquelle il se plie à l’injonction des experts extérieurs de fermer certains diplômes et certaines unités de recherche dès septembre 2010 le prouve encore. Enfin la perte d’autorité de notre établissement qui n’est pas sans rapport avec l’image donnée à l’extérieur par notre Président se mesure d’une part à la baisse significative de nos effectifs cette année et d’autre part à la propension des universités de métropole à s’installer désormais subrepticement sur notre territoire.

 

Nous ne nous attarderons pas sur la manière dont il gère actuellement l’important et épineux dossier de la mastérisation de la formation aux métiers de l’enseignement. Pour faire court, nous n’en savons strictement rien. Chacun comprendra qu’il ne s’agit pas ici de remettre en cause la légitimité d’un président régulièrement élu pour représenter et surtout défendre les intérêts de notre institution. C’est bien sur ce dernier point de sa mission que nous déplorons un fonctionnement inapproprié à la situation actuelle et aux antipodes d’une gestion concertée et démocratique telle qu’annoncée à son élection.

 

Cette mise au point externalisée qui nous a été imposée par l’absence de réponse à nos nombreuses sollicitations écrites et orales aura un coût, nous en sommes conscients. Puisse -t- elle néanmoins se révéler, comme tout conflit au sein d’une organisation, salutaire à notre filière et à l’ensemble de la communauté au sein d’un établissement qui n’en est plus à son premier séisme.

 

Pour le collectif enseignant

“Sauvons les Sciences de l’Education”

Pr Michel LATCHOUMANIN

 

 

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